dimanche 2 octobre 2022

Couture - Réalisation de la robe Sirena

La robe Sirena est toute en courbes et disponible en tailles 80 à 164, réparties en deux patrons. Elle a été créée et publiée en allemand par Mause Mama, puis rendue accessible aux passionnées de couture francophones grâce à Breizh Mama.

Je l’ai trouvée magnifique et comme je ne recule devant aucun défi pour faire plaisir à ma fille, malgré ma faible expérience en couture et surtout en ce qui concerne les vêtements, je m’y suis collée en un weekend seule à la maison ; il m’a fallu entre 25 et 30 heures pour la réaliser en taille 116. Avec des photos trop petites et quelques casse-têtes sur des étapes pas claires, je me suis dit que mon expérience pourrait aider d’autres couturières, en herbes ou en arbres, à la réaliser plus rapidement.


Voici donc quelques notes en complément aux instructions déjà disponibles en allemand (qui perdent quelque peu de leur sens avec un traducteur automatique) et en français, qui me semblaient incomplètes.


  1. Découpage


A l’aide d’un crayon de couture, reportez les contours des patrons sur le tissu ; les grandes flèches doivent être à peu près alignées avec la direction des fils du tissu. Il s’agit des lignes sur lesquelles vous devrez coudre. Il faut donc découper autour en laissant au moins 1cm de marge, à l’exception de l’intérieur du col (décolleté + arrondi du dos), qui doit être coupé sur la ligne (et même un peu plus notamment un peu plus courbe dans le dos pour être certaine que la tête passe sans problème, chez moi c’est limite).


  1. La jupe


J’ai commencé par la jupe, plus facile et  rapide à réaliser que le haut, pour me motiver en voyant le travail avancer et laisser la difficulté pour plus tard.


Il est utile de cranter toutes les courbes des tissus après assemblage. Ça se fait avec des ciseaux cranteurs (en zigzag), mais on peut aussi le faire avec des ciseaux normaux en découpant des petits triangles depuis le bord, pointe vers l’intérieur du tissu. Cela permet de faciliter la courbure du tissu, d’éviter que ça tire et de réduire la quantité de matière à l’intérieur des ourlets courbes.


La gestion des ourlets est d’ailleurs le seul problème que j’ai rencontré lors de la réalisation de la jupe. Quand faut-il surfiler et/ou ourler quelle partie et comment ?


Les instructions proposent d’assembler l’avant avec le côté, puis l’arrière avec l’autre côté, et les ourler sur toute la grande courbe avant de les assembler en jupe. Oui, mais alors, comment on les assemble si c’est déjà ourlé ?


Option 1 : surfiler toutes les parties séparément avant d’assembler et puis ourler. Ça se fait en utilisant le point zigzag tout le long du bord de chaque pièce de tissu. Cette option utilise plus de fil et permet de séparer les marges de couture au besoin après l’assemblage, ce qui permet de faire une couture ouverte (cette vidéo de Burda Style est d’ailleurs intéressante concernant les modes d’assemblage et de finition : https://youtu.be/V0TXJR1EeUk).


Option 2 : assembler le tout, puis surfiler les marges de couture ensemble et réaliser les ourlets en bas de la jupe. C’est ce que j’ai fait.


Pour ourler, le fer à repasser est nécessaire. Pliez et repassez le tissu le long de la ligne dessinée, très progressivement pour marquer correctement la courbe sans disruption. Une fois que ce pli est bien marqué, l’ouvrir pour plier le bord cranté de sorte que les pointes arrivent au niveau du pli, et repasser à nouveau progressivement pour marquer la courbure. Enfin, plier à nouveau le long de la ligne, avec le bord cranté plié également vers l’intérieur de ce pli, et repasser une troisième fois. Il ne reste plus qu’à coudre au niveau où il y a trois couches de tissu, le plus loin possible du bas de la jupe pour que ça attrape bien le bord cranté de sorte qu’il ne puisse pas s’échapper.


J’ai procédé un morceau de tissu à la fois, passant donc quatre fois au repassage puis à la couture, en changeant le fil pour adapter la couleur. Ça n’aurait pas gêné de le faire d’une traite avec un seul fil pour moins de chipoteries, à condition que la couture soit bien droite et bien propre, car elle est de cette façon plus visible sur certaines parties de la jupe.


J’ai remarqué pour une partie violette que le tissu n’était pas tout à fait bien tenu dans l’ourlet, probablement à cause d’une marge trop petite ; j’ai alors décidé de réaliser une deuxième couture sur cet ourlet, bien parallèle à la première et plutôt proche, pour le solidifier. J’ai fait de même sur l’autre partie violette, pour que ça ait l’air fait exprès.





  1. Le haut


Je n’aimais pas beaucoup l’aspect continu de l’avant de la robe, j’ai donc réalisé une sorte de ceinture composée de deux morceaux de 5 cm de hauteur (+1 cm de marge de chaque côté) et dont la longueur correspond à la largeur du haut, que j’ai ajoutée en prolongation de chacun des deux morceaux composant le haut.



L’encolure


Le biais. Ah, le biais ! Soit vous avez un biais acheté dans le commerce, soit vous le réalisez vous-même. En soi, c’est simple : vous coupez un long rectangle de tissu de 5cm de large en diagonale du tissu, à 45°, ce qui lui permet d’être légèrement extensible. Pour évaluer la longueur du biais, mesurez la longueur totale des trois côtés qui composent le col (arrière + V à l’avant) et ajoutez 5-10 cm pour être sûre d’avoir assez. Ensuite, il faut marquer un bon pli au centre avec un fer à repasser, et ensuite un pli de chaque côté de sorte que le bord atteigne presque le pli du centre.

Personnellement, j’ai oublié de plier le biais à l’avance, je l’ai donc fait en le cousant.


Le col est une étape longue, et on est contente d’en finir ! 


A un moment, probablement lorsque vous cousez le col, vous devrez choisir dans quel sens coudre les marges de couture correspondant aux deux épaules ; j’ai choisi de les plaquer vers l’arrière.


Épinglez le bord du biais contre le bord du col (en laissant une marge avant et après), de sorte à pouvoir ensuite replier le biais en alignant son autre bord avec le bord de l’autre face de la même portion de tissu, de façon à l’enrober. Les épingles doivent être relativement rapprochées pour bien suivre la courbure.



Commencez ensuite à coudre tout le long en commençant à 4-5 cm de la pointe, et en arrêtant à la même distance de l’autre côté. Cela permettra d’arranger les deux bouts proprement pour finir la pointe du V. La manœuvre n’est pas évidente, assurez-vous d’ajuster le positionnement des tissus régulièrement pour éviter d’attraper une autre partie dans la couture.



Épinglez ensuite de la même façon l’autre côté du biais au col, replié vers l’intérieur et bord contre bord. Repassez éventuellement avant pour bien marquer les plis et les courbures. Faites une couture à peu près au même endroit que la première, mais cette fois par-dessus le biais et en vous assurant que l’arrière est bien pris dedans. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez faire une deuxième couture parallèle, comme suggéré pour le bas de la jupe.


La méthode pour finaliser le col n’est pas vraiment claire dans les instructions initiales, il s’agira donc de bidouiller pour atteindre le double objectif que ce soit joli de l’extérieur et que les tissus ne s’effilochent pas.


Option 1, qui ressemble à ce qui est fait : tenter une finition en angle droit en croisant les deux bouts et en les passant côté envers pour les fixer. Cela implique de devoir rentrer les bords du tissu sur lequel le col se pose et faire un ourlet sur les quelques centimètres non protégés par le biais. Il faut coudre ensuite tout le tour du col au niveau du tissu qui constitue le haut.



Option 2 : rentrer le bout de chaque extrémité du biais et les fermer par une couture ; ourler ensuite le V du col, et coudre les extrémités du biais sur l’extérieur du tissu en les superposant de manière croisée.



Option 3, celle que j’ai réalisée : recouper les deux extrémités du biais à la bonne dimension et les ourler (en rentrant le bord de chacune en elle-même), de sorte de pouvoir les croiser en angle droit pour un rendu similaire à celui des instructions, mais en les cousant sur l’extérieur. J’ai dû un peu chipoter pour bien rentrer tous les bords, ce qui fait que c’est pas tout à fait en angle droit, mais ça rend bien et c’est le principal. Je n’ai rien fait sur l’envers pour que le tissu ne s’effiloche pas, le bord a été suffisamment pris dans les coutures. Par chance ?



L’option de secours, compatible avec les trois, c’est d’utiliser du thermocollant sur l’envers du tissu, proche du bord voire en reproduisant la forme en V arrondi, pour s’assurer que le tissu ne s’effiloche pas avant de gérer le biais.


Enfin, j’ai fait une couture tout le long de l’encolure sur le biais assez près du pli extérieur afin qu’il ne bouge pas et éviter de devoir le repasser à chaque lavage. J’ai pris soin de ne pas coudre les deux extrémités ensemble en bas du V, ce qui aurait eu comme effet de réduire la place disponible pour passer la tête.


Les “manches” volants


J’ai choisi de mettre des volants plutôt que des manches ; j’ai donc fermé les côtés en prenant soin de bien aligner l’avant et l’arrière de la ceinture que j’ai ajoutée. Ça, c’était la partie facile.


Crantez et ourlez un côté de chaque volant, ce sera plus facile que de le faire après les avoir cousus sur le haut.


L’assemblage est un peu pénible ; il faut, comme d’habitude, mettre le tissu endroit contre endroit, puis bien épingler le long de la courbe avant de coudre. Il faut trouver une bonne façon de positionner les tissus pour faciliter leur alignement, et j’ai trouvé personnellement que c’était en retournant le tout de sorte à passer à l’intérieur de l’emmanchure. C’est-à-dire que le tissu entourait l’aiguille de la machine à coudre.


Une fois les manches cousues, crantez le bas de chaque emmanchure et préparez l’ourlet à l’aide de votre fer à repasser, de la même façon que le bas de la jupe. Ensuite, cousez tout le pourtour de l’emmanchure sur le tissu qui constitue le haut de la robe, en fermant l’ourlet dans le bas de l’emmanchure et en bloquant la marge de couture côté col au niveau des volants.


Assurez-vous de bien coudre la marge de couture des épaules dans le même sens qu’à l’étape du col.


  1. L’assemblage


Toujours endroit contre endroit, mettre le haut à l’endroit dans la jupe à l’envers, en alignant les bords droits des deux. On coud alors sur l’envers de la jupe.



Selon la précision de votre travail, les deux parties ne sont pas nécessairement parfaitement à la même taille ; dans ce cas, ça crée des pinces qu’il faut gérer. Certaines les mettent dans le dos, mais avec ce modèle, j’ai trouvé que c’était plus harmonieux de les placer sur les deux côtés. Il faut alors bien tendre le tissu pour créer un pli à cet endroit, si possible pile sur la couture qui marque le côté.



Au niveau de la finition, je passe en revue toutes mes coutures. 

Sur l’envers, je crante celles en courbes et surfile celles qui ne le sont pas encore. Ensuite, pour être certaine que les coutures ne se défassent pas à la longue et lors des lavages, en plus du point d’arrêt, je fais des nœuds aux deux extrémités de chaque fil. Pour cela, comme une extrémité est composée de deux fils de part et d’autre du tissu, je pique une aiguille sur l’endroit juste à côté du fil qui dépasse, puis j’enchâsse le fil et tire l’aiguille pour le faire passer sur l’envers. Je fais alors deux ou trois nœuds avec mes doigts avant de couper quasi à ras du dernier nœud.


Et voilà le résultat !



Couture - Réalisation de la robe Sirena

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