Cet article a été initialement écrit pour le site ça commence par moi ; il n'y a finalement pas été publié dans le souci d'éviter des clivages pro/anti allaitement, malheureusement trop souvent guidés par une culpabilité (qui n'a pas lieu d'être) de celles qui optent pour le biberon. Ce qui est dommage, car on y gagnerait à pouvoir avoir des discussions saines en respectant la position et le choix de chacune tout en admettant que l'allaitement est la meilleure option "par défaut".
Avec des variations selon la source, on considère qu’un bébé a besoin de lait adapté jusqu’à deux à trois ans, et que celui-ci constitue la base de son alimentation jusqu’à un an et demi. Le lait maternel est normalement prévu pour cela ; le lait artificiel a été conçu pour celles qui éprouvaient des difficultés à allaiter, et n’a cessé d’être amélioré depuis le 19e siècle, au point de devenir aujourd’hui une véritable alternative.
De la vache (avec les problématiques engendrées par l’élevage intensif), le lait est tiré, réfrigéré, transporté, pasteurisé, écrémé, modifié notamment avec l’ajout de graisses et vitamines (qui doivent elles-mêmes être produites), séché, mis en boîte (avec la chaîne de production de la boîte elle-même), puis en cartons et/ou palettes, et retransporté vers les magasins. Sans compter le département marketing, ça représente une grande quantité d’énergie, de matière, de terrain, d’eau; bref, de ressources en général. Puis, une fois à la maison, on chauffe à nouveau de l’eau pour reconstituer ce lait. Au rythme moyen d’une boîte par semaine par bébé, on peut affirmer sans calcul que l’impact écologique est énorme.
Outre ses bienfaits nutritionnels et affectifs, ainsi que sur la santé de la mère, l’allaitement est donc également un très bon moyen de limiter l’empreinte écologique de bébé tout en faisant de sérieuses économies (en sous et en temps). Et ce, même en comptant dans la balance une croissance d’appétit (surtout au début) ainsi que les solutions d’allaitement indirect, telles que le tire-lait (ne mentons pas, l’électrique est plus efficace), les récipients de stockage, la congélation et le réchauffage.
Et pourtant, l’allaitement n’est pas toujours facile à mener: fatigue, douleurs éventuelles, pression de l’entourage, de la société, organisation au travail, et parfois (souvent ?) même des recommandations inappropriées du corps médical…
Il faut savoir garder confiance en soi malgré les commentaires maladroits et assassins, qu’on trouve dans un entourage proche pourtant de bonne intention, et défendre son propre confort. Étonnamment, en huit mois d’allaitement sans complexe, jamais je n’ai reçu de remarque désobligeante de la part d’inconnus, mais plutôt des regards attendris !
Si vous avez le projet d’allaiter, ne laissez pas ces facteurs vous influencer, et tentez de trouver une source de soutien inébranlable (le conjoint a souvent un rôle important) pour mener cette belle aventure. Sachez qu’il existe des sages-femmes spécialisées ainsi qu’un réseau d’information et d’entraide : la Leche League.
Si vous hésitez ou êtes prête à vous laisser convaincre, alors essayez ! Il est plus facile d’arrêter si ça ne convient pas que de commencer à allaiter tardivement (même si ce n’est pas impossible !).
Et dans tous les cas, pas de culpabilité si vous avez recours au lait artificiel !
Pour terminer, voici un article très intéressant sur l'allaitement.
Mise à jour 11/03/2022 : Finalement, notre allaitement a duré plus de trois ans ! Il y a un autre paramètre que j'aimerais soulever dans cette réflexion : le choix du lait artificiel amène une dépendance au système industriel, dont les chaînes logistiques longues risquent de ne pas tenir le coup dans les prochaines années, avec l'instabilité de notre civilisation, la raréfaction des ressources et le dérèglement climatique qui cause de gros dégâts au système alimentaire. Dans ce contexte, l'allaitement permet d'être certaine de pouvoir nourrir son bébé dans un maximum de circonstances.
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